Mon fournisseur ne fournit pas les données — que puis-je faire ?
La responsabilité incombe au fabricant ou à l'importateur
Si un fournisseur ne fournit pas les données du passeport numérique de produit, cela ne fait pas disparaître l'obligation d'obtenir un passeport complet. Le ESPR (Règlement (UE) 2024/1781) impose au fabricant des obligations à l'article 27, et à d'autres acteurs de la chaîne d'approvisionnement qui doivent transmettre des informations à l'article 38. Ces deux obligations sont indépendantes l'une de l'autre : le fabricant ou l'importateur qui met le produit sur le marché reste celui auquel incombe l'obligation de faire en sorte que le passeport soit correct — même si un fournisseur ne fournit pas, fournit tardivement, ou fournit de manière incomplète les données nécessaires. Un fournisseur qui ne livre pas n'est donc, dans la logique du ESPR, une circonstance qui exonère automatiquement le fabricant ou l'importateur.
Ce qui entre et ne rentre pas dans cette règle
Ce sujet porte sur la relation entre deux obligations au sein du ESPR : celle du fabricant ou de l'importateur de faire établir le passeport, et celle d'autres acteurs de la chaîne de fournir les informations nécessaires à cette fin. Il ne s'agit pas d'un mécanisme d'indemnisation ou d'un droit de réclamation : le ESPR lui-même ne règle pas la façon dont un fabricant peut contraindre un fournisseur à livrer, ou ce qui se passe financièrement si cela ne se produit pas. C'est une question entre les parties contractantes elles-mêmes, et relève du droit ordinaire des obligations, non du ESPR. Il est aussi important de noter que tant qu'il n'existe pas d'acte délégué en vigueur pour les pneumatiques, l'obligation légale de disposer d'un passeport n'existe pas encore — la question « et si mon fournisseur ne livre pas » ne se pose donc pas en termes juridiques, mais en termes pratiques pour ceux qui souhaitent se préparer d'avance.
Pas de date ferme pour les passeports pneumatiques
La date à laquelle les articles 27 et 38 commenceront à s'appliquer concrètement aux pneumatiques dépend de l'acte délégué que la Commission européenne doit encore adopter pour cette catégorie de produits. Selon le plan de travail ESPR 2025-2030, cet acte est attendu en 2027 ; la date à laquelle les obligations entreront réellement en vigueur pour les fabricants et importateurs de pneumatiques n'est donc pas encore fixée. Jusqu'au moment où cet acte sera publié et applicable, il n'existe aucune obligation légale pour les pneumatiques concernant un passeport de produit, et donc aucun cadre légal dans lequel le non-livraison de données par un fournisseur en amont joue un rôle. Cela ne signifie pas que le sujet ne mérite pas d'attention maintenant — cela signifie que les conséquences juridiques du non-livraison par un fournisseur n'existent pas encore.
Mesures pratiques si un fournisseur retient des données
Celui qui se pose déjà cette question — par exemple parce qu'un fournisseur en amont ne partage régulièrement pas les données sur les matériaux ou l'origine — traite généralement la question dans cet ordre. D'abord : vérifier ce qui a été convenu contractuellement avec le fournisseur concernant la transmission des informations sur les produits, et si cela mentionne déjà quelque chose sur la rapidité ou l'exhaustivité. Ensuite : documenter par écrit les demandes de données, afin qu'il y ait une trace si la question devient pertinente plus tard — à la fois vis-à-vis du fournisseur et, une fois l'obligation pour les pneumatiques en vigueur, vis-à-vis d'une autorité de surveillance. Puis : déterminer s'il est judicieux de préciser maintenant déjà les accords avec les fournisseurs, afin que le flux de données soit établi au moment où l'acte délégué entrera en vigueur. Enfin : garder à l'esprit qu'un fournisseur qui ne livre régulièrement pas est au cœur un différend commercial et contractuel — le ESPR règle l'obligation du fabricant ou de l'importateur envers le marché, non le différend entre entreprises entre elles.
Les fondamentaux : articles 27 et 38 du ESPR
L'article 27 du ESPR décrit les obligations des fabricants, notamment de veiller à ce qu'un produit soit accompagné d'un passeport numérique de produit correct. L'article 38 oblige les autres acteurs de la chaîne d'approvisionnement à transmettre avec précision et intégrité les informations nécessaires pour se conformer au règlement à la partie responsable. De la combinaison de ces deux articles découle que la responsabilité finale du passeport incombe au fabricant ou à l'importateur, tandis que l'obligation de fournir les données incombe aux autres maillons de la chaîne — deux obligations distinctes qui n'interagissent pas automatiquement si l'une ou l'autre n'est pas respectée.
Quiconque a maintenant affaire à un fournisseur qui ne partage pas les données produit pertinentes ferait bien de le documenter et d'examiner ses propres accords avec les fournisseurs, afin de jeter les bases dès que l'obligation pour les pneumatiques entre réellement en vigueur.
Sur quoi cela est basé
- Règlement (UE) 2024/1781 (ESPR), article 38 (exigences applicables aux acteurs de la chaîne d'approvisionnement)
- Règlement (UE) 2024/1781 (ESPR), article 27 (obligations des fabricants)
Le règlement lui-même se trouve sur EUR-Lex. Nous renvoyons par affirmation ; vous n'avez pas besoin de nous croire.
Ce que vous devez concrètement faire
Ce que l'on attend de vous
Celui qui importe ou met sur le marché des pneumatiques dépend, pour le passeport du produit, de données qui ne sont souvent pas produites en interne, mais qui doivent provenir d'un fabricant ou d'un maillon supérieur de la chaîne. Le règlement ESPR (Règlement (UE) 2024/1781) régit à l'article 38 ce qui est attendu des acteurs de la chaîne d'approvisionnement, et à l'article 27 ce qui est attendu d'un fabricant. Pour une entreprise de 10 à 100 salariés, cela se traduit par un certain nombre de points pratiques.
Les données qui doivent être disponibles doivent effectivement être disponibles
L'article 38 suppose que les acteurs de la chaîne d'approvisionnement fournissent les informations nécessaires pour se conformer aux exigences du règlement. Pour un importateur, cela signifie que sa propre position dans la chaîne — souvent celle de quelqu'un qui constitue le passeport sur la base des données d'autrui — ne l'exonère pas de la question de savoir si ces données existent réellement. En pratique : il doit y avoir un moment où l'on établit quelle partie fournit quelles données, et ce qui se passe si cela ne se produit pas.
Le fabricant reste le point de contact pour l'exactitude des données
L'article 27 impose des obligations au fabricant, notamment concernant les informations qui figureront dans le passeport. Pour un importateur qui ne fabrique pas lui-même, cela est pertinent car cela indique qui dans la chaîne est responsable du contenu — et donc qui peut être tenu de rendre des comptes lorsque des données manquent ou sont inexactes. Ce n'est pas une garantie qu'un fabricant livrera rapidement, mais c'est le point de départ sur lequel un importateur peut se fonder pour demander des données.
Consigner ce qui a été reçu et ce qui ne l'a pas été
Là où la réglementation décrit une répartition des responsabilités, il y a en pratique une tâche pour l'entreprise elle-même : tenir un registre de ce qui a été demandé, quand, et ce qui en a été reçu. Ce n'est pas une obligation légale formulée littéralement dans les articles, mais une mise en œuvre pratique de celle-ci. Sans un dossier des données demandées et reçues, il y a peu de recours si un fournisseur prétend par la suite qu'on ne lui a jamais rien demandé, ou que la livraison a été effectuée.
Où cela s'est mal passé dans la pratique
Le fournisseur ne répond pas aux demandes. Un importateur demande des données à un fabricant en dehors de l'UE, ne reçoit pas de réponse, et envoie la demande à nouveau quelques fois sans que cela soit consigné. Lorsqu'on lui demande ultérieurement ce qui a été entrepris, il n'y a pas d'aperçu des dates, des demandes et des réponses (absentes).
Les données arrivent, mais elles sont incomplètes ou incohérentes. Une usine fournit une partie des spécifications techniques, mais pas les données relatives aux matériaux ou aux résultats des tests. L'importateur constitue le passeport avec ce qui est disponible, sans enregistrer les éléments manquants et les raisons pour lesquelles.
Plusieurs usines, pas d'accord clair sur qui fournit quoi. Dans les entreprises qui font fabriquer la même gamme de pneumatiques dans plusieurs usines, il y a une confusion sur la responsabilité de chaque usine pour chaque partie des données. Ce problème est lié à la question de savoir comment les données provenant de plusieurs usines sont regroupées dans un seul passeport, et sans une répartition convenue à l'avance, il devient difficile d'établir où les choses ont mal tourné.
Les contrats d'achat ne disent rien sur le passeport. Un contrat avec un fournisseur a été établi il y a des années et porte sur le prix, le délai de livraison et la qualité du produit — non sur la fourniture de données relatives au passeport. Lorsque ces données manquent, il n'y a pas de base contractuelle pour s'y appuyer.
Importation en dehors de l'UE sans accord clair sur l'origine des données. Lors de l'importation de pneumatiques en provenance de pays tiers, il n'est pas toujours évident que le fabricant sache quelles données sont nécessaires en vertu de l'ESPR, ou soit disposé à les fournir de la manière demandée. Cela renvoie à la question plus large de savoir ce que l'importation en provenance de pays tiers signifie pour ses propres obligations, indépendamment de ce qu'un fournisseur étranger fournit ou non.
Ce que vous pouvez documenter
Un certain nombre de documents et d'accords facilitent la preuve de ce qui a été entrepris lorsqu'un fournisseur ne livre pas ou livre incomplètement :
- Un aperçu des demandes de données: date, à qui envoyée, quelles données demandées, et quelle réponse (ou son absence) a été reçue. Ceci répond à la question quelles données exactes sont demandées à un fournisseur de pneumatiques, de sorte que la demande elle-même soit aussi complètement démontrable.
- Correspondance avec le fournisseur, conservée comme preuve de la tentative d'obtention de données — même si cette tentative ne donne rien.
- Une clause du contrat d'achat sur la fourniture de données de passeport, y compris ce qui se passe en cas de défaut. La manière dont ceci est incorporé dans un contrat est décrite à accords sur les données de passeport dans le contrat d'achat; pour les nouveaux contrats, c'est un moment logique pour l'ajouter, pour les contrats existants, un point à réviser.
- Une étape de contrôle à la réception des données, au cours de laquelle est enregistré si les données sont complètes et plausibles. Ceci répond à la question comment l'exactitude des données fournies est-elle vérifiée — une fourniture incomplète est également une forme de "non-livraison" qui peut être enregistrée.
- Un dossier par gamme de produits ou fournisseur, dans lequel est consigné quelles données sont complètes, lesquelles manquent, et quelles mesures ont été prises pour obtenir les données manquantes.
Cet enregistrement ne change rien à la question de savoir si et quand un fournisseur livre réellement. Ce qu'il fait, en revanche, c'est donner une image fondée de ce qui a été fait de son côté — quelque chose qui a de la valeur au moment où il faut rendre des comptes sur un passeport qui n'est pas encore complet.
Ceci n'est pas un avis juridique. Cette page fournit des informations générales sur la réglementation sur laquelle porte cette plateforme. Nous ne connaissons pas votre situation. En cas de doute concernant votre cas, consultez un juriste ou l'autorité de contrôle compétente.
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